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Vaccination : on fait le point

Pourquoi vacciner ?

  • Contrôler, voire éradiquer des maladies : faire disparaître des menaces sanitaires ou réduire drastiquement leur fréquence
  • Se protéger soi-même : le vaccin stimule le système immunitaire pour éviter des maladies graves
  • Protéger les autres : quand assez de personnes sont vaccinées, on atteint une immunité de groupe qui interrompt la transmission. C’est ce qui protège les nourrissons, les personnes fragiles, ou celles qui ne peuvent pas être vaccinées

Se repérer dans les recommandations

Les bonnes pratiques au moment de la vaccination

  • Conservation : les vaccins se conservent au réfrigérateur entre 2 et 8°C, sans congélation, ni dans la porte, ni au fond du réfrigérateur
  • Interrogatoire : le soignant demande s’il existe une allergie connue (vaccin, médicament, aliment), une réaction lors d’une vaccination précédente, un déficit immunitaire chez la personne ou dans son foyer, ou un traitement en cours ou à venir (immunosuppresseur, corticoïdes)
  • Sécurité : de l’adrénaline doit être disponible. Les réactions allergiques graves sont très rares (environ 1 pour 500 000 doses) et surviennent dans les 3 à 30 minutes suivant l’injection
  • Antisepsie : la peau est désinfectée, avec un temps de contact d’au moins 30 secondes à 1 minute
  • Site : le plus souvent dans le muscle du bras (deltoïde, à la jonction du tiers supérieur et du tiers moyen de la face externe) ou, pour les plus jeunes, sur la face antéro-externe de la cuisse, vers le milieu
  • Limiter la douleur : pas de crème anesthésiante systématique, pas d’aspiration, injection rapide sans purger jusqu’à l’aiguille ; l’application de froid est possible
  • Position : assis pour les enfants, adolescents et adultes ; dans les bras des parents pour les nourrissons

Qui peut vacciner ?

  • Les médecins : aucune restriction, et possibilité de détenir un stock de vaccins au cabinet
  • Les infirmiers libéraux (IDEL) : ils peuvent vacciner, sous conditions réglementaires. Ils doivent avoir suivi une formation spécifique (sauf si elle est intégrée à leur formation initiale récente) et s’être déclarés auprès de l’Ordre. Pour le Covid-19, la vaccination est possible dès l’âge de 5 ans
  • Les pharmaciens d’officine : après validation d’une formation théorique et pratique et déclaration auprès du Conseil de l’Ordre des pharmaciens
  • Les préparateurs en pharmacie : après une formation spécifique, sous la supervision directe d’un pharmacien titulaire formé, avec les mêmes autorisations vaccinales que le pharmacien

Des circuits spécifiques pour certains vaccins

  • Fièvre jaune : uniquement disponible en centre agréé
  • Variole du singe (mpox) : centre agréé et autres structures (par exemple les CeGIDD, centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic)
  • Rage : administration en centre agréé, mais commande en pharmacie d’officine

Les contres-indications absolues

  • Une hypersensibilité grave : antécédent de réaction anaphylactique ou d’urticaire géante à une dose précédente du même vaccin ou à l’un de ses composants. Attention à l’allergie à l’œuf pour la fièvre jaune, la grippe et l’encéphalite à tiques
  • Pour les vaccins vivants atténués uniquement :
    • une immunodépression sévère (liée à une maladie ou à un traitement), car le germe du vaccin pourrait se multiplier de façon incontrôlée
    • la grossesse : contre-indication temporaire fondée sur un principe de précaution. Elle ne justifie pas d’interruption de grossesse en cas de vaccination découverte après coup
    • une corticothérapie à dose élevée : pas de vaccin vivant atténué au moins 2 semaines avant et jusqu’à 3 mois après une dose supérieure ou égale à 20 mg de prednisone, ou supérieure à 10 mg pendant 2 semaines

    Les reports temporaires

    Ce qui n’est PAS une contre-indication

    • Une infection mineure (rhume, otite, diarrhée légère)
    • L’allaitement
    • Une allergie aux antibiotiques
    • Une maladie chronique stable (diabète, insuffisance cardiaque, rénale ou hépatique) : ce sont au contraire des indications prioritaires
    • La grossesse, pour les vaccins inactivés ou à ARNm : les vaccins contre la grippe, le Covid-19, la coqueluche et le VRS sont même fortement recommandés chez la femme enceinte

    Pourquoi consulter l’historique vaccinal ?

    • Éviter la sur- ou la sous-vaccination : repérer les vaccins manquants (rattrapage) ou éviter une injection inutile
    • Vérifier les intervalles entre deux doses ou entre deux vaccins
    • Saisir les occasions de rappel : une consultation est l’occasion de vérifier les rappels de l’adulte (25, 45 et 65 ans)
    • Repérer des contre-indications : par exemple un vaccin vivant atténué récent, ou une couverture manquante avant de débuter un traitement immunosuppresseur

    Où trouver cet historique ?

    • Le carnet de vaccination numérique de « Mon espace santé » : l’outil de référence, accessible depuis le logiciel métier avec la carte Vitale du patient et l’authentification du soignant (carte CPS ou e-CPS)
    • Le Dossier Pharmaceutique (DP), géré par l’Ordre des pharmaciens et accessible dans toutes les officines (conservation de 4 mois pour les médicaments, 21 ans pour les vaccins).
    • Des outils d’aide à la décision comme MesVaccins.net
    • Le carnet de santé ou carnet de vaccination papier, souvent égaré mais qui reste une preuve précieuse si les étiquettes de lots y sont collées et tamponnées. En cas de perte totale, le soignant interroge le patient sur ses souvenirs ou reconstruit un schéma de rattrapage en partant de « zéro antécédent »

    Pourquoi et comment tracer chaque vaccination ?

    • La sécurité du patient (pharmacovigilance) : en cas d’effet indésirable ou de défaut sur un lot, on peut retrouver et recontacter les personnes vaccinées
    • Le suivi du schéma vaccinal : pour les vaccins en plusieurs doses (HPV, méningocoque B, Covid-19), la date exacte de la dose précédente évite les injections trop précoces (inefficaces) ou trop tardives
    • La protection juridique du professionnel : l’acte vaccinal est un geste médical, qui doit être consigné
    • Écouter sans juger. L’inquiétude est légitime. Par exemple : « Je comprends que vous vous posiez des questions, c’est normal de vouloir savoir ce qu’on s’injecte. Qu’est-ce qui vous inquiète le plus ? »
    • Comprendre ce qui motive l’hésitation. Trois moteurs principaux : la perception du risque (« la grippe, c’est juste un gros rhume »), la confiance (envers l’industrie, les autorités ou les composants) et la commodité (manque de temps, oubli, parcours complexe)
    • Partager une information personnalisée. Demander la permission (« Me permettez-vous de vous expliquer comment ce vaccin a été testé ? »), donner une information courte et imagée, puis vérifier qu’elle a été comprise (« Qu’en pensez-vous ? »)
    • Déculpabiliser et laisser la porte ouverte. « C’est votre choix, je respecte votre décision. Si vous changez d’avis ou si vous avez d’autres questions, l’équipe reste à votre disposition. »

      Espace patients : votre calendrier vaccinal

      👉 Consulter le calendrier vaccinal sur sante.gouv.fr

      • Repérez votre tranche d’âge et les vaccins qui vous concernent
      • Comparez avec votre carnet de vaccination, papier ou numérique
      • Notez les rappels à venir : chez l’adulte, des rappels sont prévus à 25, 45 et 65 ans
      • Parlez-en à votre médecin, votre infirmier ou votre pharmacien, qui pourra vous vacciner ou vous orienter

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